LENA SITUATIONS : « La tendance, selon moi, est néfaste. »

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En couverture du dernier numéro d’Influence magazine : Lena Situations

Lena Situations couverture magazine Influence N°4
Lena Situations en couverture du magazine Influence (N°4)

Une matinée d’automne. Nous rencontrons Lena Mahfouf, alias Lena Situations, à l’Hôtel Saint James. L’influenceuse aux 3.3 millions d’abonnés nous rejoint entre deux défilés, pour réaliser la dernière couverture d’Influence magazine. Son planning est organisé avec une précision de métronome. La Fashion Week l’a épuisée. Mais malgré ses quelques heures de sommeil, Lena est lumineuse. Elle porte une tenue streetwear avec une élégance déconcertante. Elle a le sourire rassurant d’une grande sœur ; l’allure respectable d’une femme d’affaires. Lena sait ce qu’elle veut. Elle observe les looks qui lui sont proposés, et suggère d’emblée une multitude d’idées. Nous sommes séduits par ses propositions. Lena a un sens inné de l’esthétisme. À la fois timide et déterminée, elle pose sous l’objectif de notre photographe. Son look Balanciaga fluo contraste parfaitement avec l’escalier de l’Hôtel Saint James. Puis Lena laisse son Pantaleggings pour un ensemble David Koma, qui semble avoir été créé sur-mesure. Elle pose désormais dans une somptueuse salle de restauration. Soudain, brisant le silence, elle se met à chanter « Le blues du businessman ». Lena est touchante et inattendue. Quelques heures plus tard, elle nous quitte dans un look couleur lavande, en direction du défilé Miu Miu…

Photos : Anael Boulay @anaelboulay
Hôtel Saint James Paris @saintjamesparis
Stylisme : Irène Astete @ireneastete
& Grégoire Willerval @_greg0ire_
MUA : @justine.dlk
Coiffure : Fatou Zeh @fatoudidmyhair
Coordination : Cyndie Tuil @jesuistonfils
Portrait / Interview : Louisiane Dor @louisianedor
Avec la participation d'Ilana Hansen @ilana_h
& Elia Ormond
Remerciements : Lea Paoli, Agence Melchior
Lena Situations à l’Hôtel Saint James, par Anaël Boulay. Total look : Balenciaga

Lena, parle-nous de ton enfance…
Je suis née près d’Asnières sur Seine, en région Parisienne. Quand j’étais toute jeune, mes
parents – qui n’en avaient pas les moyens jusque-là – ont déménagé à Paris. J’ai donc passé
presque toute mon enfance à Paris. J’ai eu une éducation riche en amour et en culture,
remplie de tolérance et d’ouverture d’esprit. Ma mère m’a toujours souhaité de trouver ma passion et
d’en vivre. Elle était styliste modéliste. Elle créait, entre autres, des costumes pour les cirques.
Petite, je voulais être styliste, comme ma maman. Je dessinais beaucoup ; j’ai d’ailleurs retrouvé
des croquis et honnêtement… ce n’est pas si mal !

Pourquoi avoir choisi la création de contenu ?
Jusqu’à mes 17 ans, je pensais vraiment vouloir travailler dans la mode pure et dure. Lancer
une marque de vêtements, organiser des défilés, travailler dans le marketing, trouver des idées
de pubs pour d’autres enseignes… Mais quand le montage vidéo m’est tombé dessus, ça a
tout de suite été une évidence. J’ai découvert le storytelling, raconter des histoires et les partager…
J’ai alors compris que je pouvais combiner la mode et la vidéo – autrement dit, combiner
mes deux passions. Voilà comment je suis devenue Youtubeuse !

« J’ai compris que j’avais une certaine lumière, sans trop savoir pourquoi, et que je pouvais diriger les autres vers des sujets qui m’importent. »

Lena Situations

Comment « Lena Situations » a-t-elle démarré ?
Au début, sur mon blog, je ne parlais que de mode. Puis, cela m’a lassée de n’être que sur un
seul créneau. Surtout que je n’avais pas les moyens de m’acheter des vêtements toutes les
semaines, je n’étais pas invitée aux défilés… J’étais un peu limitée. Parfois, j’allais chez New
Look acheter des vêtements, je me filmais avec, puis j’allais me les faire rembourser !
Ou alors, des amies me prêtaient leurs accessoires… Puis, j’ai décidé de ne plus me focaliser
uniquement sur la mode, pour avoir une plus large liberté créative. Je tournais en rond ;
j’avais envie d’essayer d’autres sujets. Pendant mon adolescence, j’ai consommé beaucoup de
contenu anglo-saxon, ce qui m’a inspirée pour créer du contenu lifestyle.

Quel est ton but ultime ?
Je n’ai pas de but ultime. Je vis au jour le jour. Je n’aime pas me mettre la pression ou avoir un
but concret, tout comme je n’aime pas avoir une to do list interminable. J’aimerais créer une
marque de vêtements, mais pas tout de suite. Je ne veux pas lancer une marque pour lancer
une marque. Il faut que cela soit réfléchi, créatif. J’aimerais aussi monter des vidéos plus longues.
Mais il faut suivre son feeling, son instinct, et je m’autorise tout à fait à changer d’avis entre temps,
et à partir sur complètement autre chose…

Considères-tu avoir de l’influence ?
J’ai mis du temps à comprendre ce qu’était l’influence. Mon travail a toujours été concentré
sur la création de contenu. Mon audience s’est développée, et, un jour, j’ai eu le déclic : j’ai
réalisé que mes followers étaient de vraies personnes. Là, j’ai compris que j’avais une certaine
lumière, sans trop savoir pourquoi, et que je pouvais diriger les autres vers des sujets qui
m’importent. Je me suis fait la promesse de ne jamais faire de bashing, de ne jamais dire
« Faites ci, faites ça ». J’essaie d’être plus pédagogue, d’accompagner les autres dans la réflexion.
De leur amener les informations, en leur laissant le choix, la liberté de réfléchir par eux-mêmes.

Lena Situations couverture / édito / interview Influence N°4

Dans ton métier, y a-t-il des choses qui te déplaisent ?
Ce qui m’agace et me frustre, ce sont les gens qui minimisent mon travail. Je pense
que chez les femmes, ce dénigrement est encore plus important, et que beaucoup
de créatrices de contenu ont fait face à ce problème. On me demande constamment
de faire mes preuves, de prouver que la création de contenu est un vrai métier, qui
demande beaucoup de travail.

Et dans le milieu de la mode, qu’est-ce qui te plaît / te déplaît ?
J’aime la mode plus que la tendance. Je pense qu’il y a une forte différence entre les
deux. La mode fait partie des arts visuels. Elle réunit beaucoup de personnes,
il y a une vraie communauté de la mode. Les vêtements sont un véritable moyen
d’expression. Et puis, il est passionnant de découvrir l’histoire d’une robe de Haute Couture,
toutes les personnes qui ont travaillé dessus, les métiers de l’ombre, la réflexion qui est derrière…
Mais la tendance, pour moi, est néfaste. Si l’on n’a pas la dernière pièce tendance, on
est has been. On a l’impression que l’on ne sera jamais assez bien habillé.e, assez
tendance, assez joli.e…

« Ça n’existe pas, une vie où chaque jour est plus positif que la veille. »

Ton livre, « Toujours plus, +=+ », est une ode à la positivité et à l’affirmation de soi…
Le but de mon livre est d’accompagner les sentiments en disant « Reste positif, ça
ira mieux, essaie de trouver des solutions pour ne pas t’enfermer dans des épisodes
négatifs. » Mes conseils doivent s’adapter aux situations et aux histoires de chacun.
On ne peut pas dire aux gens « Voici la clé du bonheur, fais ça et tu iras mieux. »
Passer par des phases plus sombres, c’est le cycle de la vie. Les phases négatives
sont nécessaires. Ça n’existe pas, une vie où chaque jour est plus positif que la veille.
Parfois, quand tu es au plus mal et que quelqu’un te dit « Ne t’inquiète pas, +=+ ! » je
conçois que cela puisse être agaçant…

Y a-t-il une question que vous attendez toujours, mais que les journalistes
ne vous posent jamais ?

« Ça va ? » Et du coup oui, je vais bien !

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